13 mai 2008
Le boulet
Avertissement :
Ceci est une note méchante comme je fais rarement, mais je me l’autorise pour me débarrasser de ma colère d’une part et parce que c’est moi aussi quand les autres se permettent de me gâcher la vie et n’entendent pas les signaux que je leur envoie lorsqu’ils vont trop loin.
Il y a des amis, ça fait tellement longtemps que vous les connaissez, ils font un peu partie de la famille, ont été là pour les mariages, la naissance de tous vos enfants, parfois vous ne savez plus vraiment pourquoi vous êtes amis, tellement vous n’avez plus grand-chose à leur dire, mais c’est comme ça, ils sont là, vous les voyez de loin en loin.
F et C c’est comme ça, au départ les amis de mon premier mari, j’avais 17 ans lorsque je les ai rencontré, c’est dire comme ça remonte. Après le divorce, lui a pris ses distances, ils en étaient tristes, j’ai continué de les voir, je dois le dire avec de moins en moins de plaisir, F étant doté d’un caractère égocentrique déplaisant au possible, autoritaire avec sa famille, voire maltraitant. Nan pas voire. La pauvre en bave, il ne la bat pas mais ne la respecte pas. Elle travaille mais ne peut dépenser le moindre sou sans son accord. Je ne me suis jamais mêlée de ça, elle a sa part de responsabilité aussi à le laisser tout contrôler.
Dernièrement F a eu quelques soucis de santé. Si je me suis inquiétée pour lui, je me suis surtout inquiétée pour sa femme, l’avoir à la maison en permanence, ne doit pas être une partie de plaisir pour elle. Mais égoïstement, je me suis aussi réjouie qu’il soit bloqué chez lui, il m’agace de plus en plus.
Voilà que jeudi dernier il m’appelle. Ca n’a pas l’air d’aller. Il me répond d’un ton qui laisse pressentir une très mauvaise nouvelle. Ah non, juste il s’emmerde, il veut passer me voir ce week-end, n’en peut plus d’être enfermé. Je lui réponds que non, ce week-end je ne suis pas là, j’emmène les enfants au bord de la mer. Quelle idée j’ai eu !
Il me répond aussitôt « on vient » Moi, franchement, je me mords déjà la langue de lui avoir dit que je partais, en plus F en vacances, j’ai déjà pratiqué et ça ne fait pas partie de mes meilleurs souvenirs loin de là. J’essaie de le dissuader, mais rien n’y fait. Bon après tout, ils feront ce qu’ils veulent, je ferais de même de mon côté et voilà.
Non pas voilà. F et C débarquent l’après-midi même. Finalement, lui seul vient. « Comment ça il vient seul ??? » Clairement, elle est trop heureuse de se débarrasser de son mec pour le week-end. Ca lui fera des vacances. Sympa, mais et les miennes de vacances ? Zut alors !
Pourquoi je devrais récupérer le boulet moi hein ?
Je passe l’après-midi à tenter de le décourager
- « Y a plus d’hôtel »
- « M’en fous je dormirai sur la plage »
- « Ton opération est trop récente, c’est risqué, et pas question que je fasse l’infirmière ou que je t’entende gémir »
- -« non, non, tu verras, je pète la forme »
- « Oui mais moi, ce n’est pas ce que j’avais prévu, je veux vivre ce week-end à mon rythme, sans avoir à tenir compte des envies de quelqu’un d’autre »
- « Pas de problème, tu fais ce que tu as prévu, je ne dérangerai pas »
Oui ben moi je connais l’engin, quand je dis boulet, c’est juste qu’aucun mot plus fort ne me vient là sur le moment.
Je le préviens que je voyage en première et que je ne me déclasserai pas pour lui tenir compagnie. « Pas de souci, je voyagerai en seconde, on se retrouvera là-bas »
Piteuse, je dis aux enfants pas très heureux de sa présence, que je n’ai réussi à préserver que le trajet.
Je propose de prendre les billets (oui, je suis con). Barbalala lui trouve une chambre (la pauvre voulait lui prouver qu’il n’y avait plus de place, pas de bol, il y a.
Je passe sur les harcèlements du vendredi
- « t’as pris les places ?
- « C’est combien la différence entre la première et la seconde ? »
- « t’as pris les places ? »
- « T’es sûre qu’il y a une gare là-bas, j’ai pas trouvé sur Internet. »
- « Alors les places ? »
- « Stooooooooooop ! Tu attends que je te rappelle ! »
- « Oui mais si c’est pas trop cher, tu me prends en première ? »
- « C’est quoi pour toi pas trop cher ? »
- « Ben si c’est 1,50 € de plus ça va »
- « Ok, donc tu voyages en seconde ! »
Il demande à passer la nuit chez moi la veille pour être prêt. Je refuse net. Faut pas pousser, on se retrouve à la gare. »
Excité, il commence à me dire « je te préviens, on en profite un max, on part tôt, à 5h du mat tout le monde debout !» Je lui réponds que ses ordres il se les garde, que je prends les billets à l’heure qui me convient MOI et que s’il est pas content, je l’envoie à Saint Malo »
Nous voilà sur le quai de la gare. Evidemment il n’a pas assez pour me rembourser. F a un autre défaut, il est radin comme pas deux. Il me tend ce qu’il a sans même s’excuser de ne pas tout me rembourser. Je lui signale son « oubli » il ne croit quand même pas que je vais l’entretenir en plus ? Il promet de retirer de l’argent à l’arrivée. En fait il ne m’a remboursé qu’au retour après une dizaine de réflexions de ma Barbalala qui avait mis un point d’honneur à l’obliger à rembourser.
Il râle un peu d’être en seconde. Qu’est ce qu’il croyait, que j’allais lui payer la différence pour le plaisir de sa compagnie ? Ah non, alors, trop contente d’être débarrassée de lui.
Nous le retrouvons à Deauville. Il drague une minette. Celle-ci lui parle de sa femme. Il fait un geste désinvolte « Je m’en fous de ma femme, bon débarras ! » Je ne peux m’empêcher de lui dire « Oh, tu vas donc apprendre à ouvrir une boîte de conserve ? » Il me sort qu’il sait cuisiner, je m’esclaffe, même pas il met la table chez lui, c’est simple, il ne fout rien de ses dix doigts. La seule chose qu’il sache faire, c’est donner des ordres.
Tiens, il ne sait pas lire un plan non plus, nous avons du l’accompagner à son hôtel.
Nous nous promenons en ville avant de rejoindre la plage. Il commence à me demander de protéger sa cicatrice avec une compresse. Euh j’avais pas dit que je ne faisais pas l’infirmière ? Je lui colle son truc dans le dos d’une bourrade plus que d’une caresse, il voudrait que j’en mette une plus bas, ben tiens en haut des fesses et puis quoi encore ? Non, ça va, ça ira comme ça.
Nous nous crémons (enfin lui se démerde hein, je parle de moi et des enfants) et profitons du soleil. Enfin nous essayons, on n’entend que lui, il me montre du doigt les mecs sur la plage. Tu voulais pas draguer ? Tiens appelle les ? « Eh vous là-bas… »
- « Non mais ça va pas ? Tu te calmes maintenant ! »
Je me plonge dans un bouquin. Dépité il sort son téléphone portable pour prévenir famille et amis qu’il est à Cabourg. « C n’a pas voulu venir alors tant pis pour elle, je suis partie avec Claudine. Oui oui, avec Claudine, t’en reviens pas hein ?
Euh qu’est ce qu’il me fait là ? Je le fusille du regard, il se reprend. Oui bon, elle est avec ses enfants hein !
Je reprends ma lecture. « Les épouvanteurs » il lit le titre « ah mais tu vas faire des cauchemars, si tu veux j’ai de la place dans ma chambre d’hôtel. »
« Alors là même pas en rêve, oublie et laisse moi lire ! »
« Dépité, il me fiche la paix pour se tourner vers les enfants « bon alors les mômes, vous draguez pas vous ? Vous voulez des conseils ? Tiens demandez à votre mère c’est une experte ! » Pas fous, ils filent se baigner, le laissant à ses divagations. Je commence à être plus qu’agacée.
Lorsque nous quittons la plage, il essaie encore de me demander de lui retirer le sable qu’il a dans le dos. Je lui reponds « non, je ne touche pas le mec des copines moi, tu te démerdes ! ». Tain elle craint rien sa femme. Même pas sur une île déserte je poserais la main sur ce mec ! Du coup il demande « et Barbalala ?» En chœur, nous répondons « Encore moins ! »
Bon je ne vous fais pas la liste de toutes les énormités qu’il nous a sorties, un boulet je vous dis, Franck Dubosc à côté, c’est de la rigolade.
Le repas au resto a été une calamité. Il est arrivé en ayant déjà bu. Je lui ai déconseillé de prendre un apéritif -il prend des neuroleptiques - il n’a rien écouté. Je l’ai prévenu qu’en cas de problème il pouvait s’attendre de ma part à une baffe pour lui remettre la tête à l’endroit mais sûrement pas à de la compréhension. Il a tenté d’apprendre à mes enfants comment truander les restos et les cafés, a voulu salir la mémoire de ma Christiane adorée, a manqué de respect à sa femme, et a été odieux avec le serveur. J’ai passé le repas à le remettre à sa place méchamment et à sortir fumer. Au moins huit fois je suis sortie. Nos voisins de table se sont bien marrés, nous beaucoup moins. Après le repas, nous avons prétexté un coup de fatigue pour le laisser et sommes partis nous promener. Le con est allé se finir au bar du casino, s’est endormi là-bas.
Le lendemain, j’ai éteint mon portable et commencé largement la journée sans lui.
Les amis, c‘est peut-être comme un vieux couple aussi. Parfois, vaut mieux laisser nos chemins se séparer. L’aura plus l’occasion de m’imposer sa présence celui là !
Demain, je vous raconte notre week-end tout beau, tel qu'on l'a aussi vécu parce qu'on est doués aussi pour zapper les parasites.
10 mai 2008
Désuète Barbasucre ?
Ce matin, alors que péniblement, je tente d’émerger du brouillard épais dans lequel je reste engourdie malgré un premier café, ma Barbalala allume la télévision. Moi le matin la télé, je n’aime pas, m’enfin je suis trop cotonneuse pour protester. Je m’installe près d’elle avec mon café, devant un… dessin animé. Je remarque tout d’abord la piètre qualité des dessins, mais je laisse mon esprit accompagner l’histoire de ces enfants accompagnés d’un chien. Il y a comme un goût de familier, pourtant je ne connais pas cette série.
Lorsque l’un des protagonistes appelle le chien « Dagobert ! » ma Barbalala s’anime « c’est le club des cinq tu crois ? »
Ah, ça expliquerait cette impression de familier, j’ai dévoré ces livres étant petite. Oui mais, ça ne peut pas être ça. L’héroïne « garçon manqué » de la série c’était Claudine, même qu’elle refusait de répondre à son prénom, tant elle aurait aimé être un garçon. Vous allez vous dire « Ah tu as du t’identifier à elle alors » et bien non, j’aimais juste qu’une fille intrépide porte mon prénom, j’étais un peu garçon manqué en primaire, mais n’avait rien de son goût de l’aventure, et si je préférais juste jouer avec les garçons, je me sentais fille. J’en connais qui ne vont pas manquer de sortir « tiens donc ! » alors je rappelle que c’était en primaire, et que de mon temps (ah ce que je fais vieille là tout à coup) nous ne pensions pas à autre chose qu’à jouer, et que même si un garçon pouvait occuper nos pensées un peu plus que les autres, ça restait de l’ordre du platonique le plus pur et que l’un d’eux, en cm2, s’est pris une gifle magistrale au cinéma, pour l’avoir oublié et tenté de m’embrasser. Nonméo !
Je réponds donc à ma Barbalala chérie que non, ça ne peut pas être le club des cinq, il n’y a ni Claude, ni Claudine dans l’histoire. Et là, elle rit, et m’explique « mais enfin maman, c’est normal, ils ont changé les prénoms. Tu n’imagines tout de même pas qu’ils laisseraient une fille s’appeler Claudine ? A la rigueur, ils auraient pu laisser François et Mick, mais pas Annie ou Claudine. »
- « Ben quoi ? C’est joli Claudine !
- « Oui, mais enfin ça va à quarante ans, t’as vu je suis gentille je te rajeunis, t’as un peu plus en fait… »
Voilà, j’ai fini mon café, je suis réveillée et je me sens maintenant racornie comme une vieille pomme délaissée. Pfff ! Les dessins animés c’est plus de mon âge !
Un petit tour sur internet me confirme que pour cette série inspirée des aventures de la regrettée Enid Blyton, responsable de mes premiers émois littéraires, un grand coup de jeune a été décidé, notamment en changeant les prénoms des héros de l’histoire.
M’en fous, il n’est même pas de qualité ce dessin animé ! Et puis on éteint la télévision et on met de la musique. Ah mais !
07 mai 2008
Quand l'amour n'est plus là
Il y a un an de ça, peut-être plus, il me quittait. Pas d’anniversaire à fêter ou à regretter, il n’y a rien eu de dit, rien d’écrit, juste l’absence et la distance et moi toute seule pour comprendre et pour en parler plus tard, bien plus tard…
Je n’ai jamais rien écrit ici. La douleur, les interrogations, la peine immense de ne plus le voir, puis de le voir autrement, je me les suis gardées bien au chaud pour moi toute seule et quelques amies compatissantes. Et même ces amies, je ne pense pas les avoir trop bassinées avec mes états d’âme. Bon peut-être un peu au début, et puis à certains moments un peu difficiles, mais je crois que je peux dire que j’ai été raisonnable. Avec lui aussi je crois. J’ai exprimé mes sentiments, mais je ne l’ai pas harcelé, l’amour ça ne commande pas, ça ne s’exige pas, c’est ce que je crois, et je ne fais pas aux autres ce que je détesterais qu’on me fasse. Les grandes scènes, c’est pas trop mon truc, la violence de mes sentiments, je ne la partage avec personne.
Voilà, raisonnable, c’est ça… J’ai été raisonnable.
Qu’est ce qu’elle nous fait la Calu raisonnable là ? Ca fait plus d’un an, elle ne peut pas passer à autre chose ?
Ca fait un an, et non, elle n’est pas passé à autre chose. Elle s’est fait une raison, elle n’espère plus qu’il revienne, même plus elle rêve. Elle se dit même que s’il revenait, elle dirait non la Calu. Mais ça en vrai, elle ne sait pas, c’est comme dans la chanson de Lynda Lemay :
Et si, si c'était vrai c'qu'y disent à propos de moi ?
Que j'suis pas remise de mon mauvais état
Qu'si tu revenais je t'ouvrirais les bras
Et si, si c'était vrai c'qu'y disent dans mon dos ?
Que j'me déguise en bonheur un peu gros
Mais qu'au fond j'ai le coeur comme un tombeau.
Et si, si c'était vrai c'qu'y disent un peu partout ?
Qu'j'ai pas pris l'temps de repriser mes trous
Qu'j'vais prendre froid au premier rendez-vous
J'peux pas savoir
Puisque t'es pas revenu me voir
Comment veux-tu qu'je sache ?
C'que mon vieux coeur me cache ?
Et si, si c'était vrai, c'qu'y disent à mon sujet ?
Que j'suis pas aussi forte que j'parais
Que j'tremble comme une porte sans loquet
Et si, si c'était vrai qu'j'ai l'âme comme un chiffon ?
Qui a tant essuyé d'humiliations
Qu'elle se déchire à la moindre torsion
Et si, et si elles étaient vraies toutes ces rumeurs ?
Que j'te reprendrais si tu revenais en pleurs
Que j'succomberais au premier bouquet de fleurs
J'peux pas savoir
Puisque t'es pas revenu me voir
Comment veux-tu qu'je sache
C'que mon vieux coeur me cache ?
J'peux pas savoir
Puisque t'es pas revenu me voir
Comment veux-tu qu'je sache
C'que mon vieux coeur me cache ?
.
En fait, ma tête sait, mon cœur ne sait pas. L’a jamais tellement bien su ce qui était bon pour lui çuilà.
Je n’écris pas ce texte comme un appel pour qu’il revienne, ma tête n’est pas d’accord. J’ai juste envie là maintenant, d’exprimer les sentiments qui m’habitent après avoir passé la nuit à repenser à tout ça.
Je me rends compte que non, je ne suis pas prête à passer à autre chose. Si les sourires, les regards des hommes me font plaisir, ils ne me donnent pas envie. Je passe sans m’arrêter, le moral un peu regonflé mais le cœur vide. Les hommes qui pourraient me plaire, je les évite soigneusement. Et je réalise que peut-être, ne pas savoir quelle serait ma réaction s’il revenait, est un frein. Comment commencer une autre histoire, sans être sûre de ça ? Comment aimer quelqu'un d'autre alors que mes sentiments pour lui n'ont pas changé, que le voir, l'entendre me fait toujours autant battre le coeur ?
Alors ici, je dis, je pense et je déclare que d’une il ne reviendra pas, et de deux, il n’est pas l’homme qu’il me faut et que dans l’hypothèse hautement improbable où il revienne, je dirais non. Pas même pour un soir, ne surtout pas se souvenir de ses mains sur moi et arrêter de me faire croire encore que la tendresse et la force de ses caresses était de l’amour. Ca n’en était pas, si ça avait été de l’amour, je le saurais et aujourd’hui ma tête et mon cœur seraient en accord.
Voilà, je ne suis pas prête encore à passer à autre chose, j’en suis consciente. Mais aujourd’hui je me l’autorise. Parce qu’il me semble que continuer à l’aimer sans retour serait d’une certaine façon, me complaire dans la souffrance et donc ne pas me respecter.
05 mai 2008
No rose in z...
- « Ah non, pas ça ! »
- « Quoi, c’est bien ce que tu voulais non ? »
- « Oui, mais pas celles là. Ca fait trop gadget, pas sérieux… Et puis c’est rose ! »
- « Mais tu adores le rose ! »
- « Pas pour ça, ça casserait l’ambiance »
- « Les rouges alors, tiens il y en a même en bleu »
- « Ben non, ni roses, ni rouges, ni bleues, ni rien. Sont juste ridicules, moi je veux des vraies, enfin, des qui ressemblent à des vraies, sinon j’y crois pas et si j’y crois pas, je joue pas na ! »
- « Pffff tu veux jouer à la dure mais tu te comportes comme une gamine. Ca te va bien le rose moi je dis ! »
- « Justement… Si on fait dans le rose, le doux, la guimauve, ça me ressemble, et si ça me ressemble, c’est plus un jeu. »
- …
- « Quoi ? »
- « T’es chiante toi hein ! »
- « T’es en colère ? »
- « Non, je suis pas en colère, mais t’es chiante… »
- « Ah dommage, un peu de colère, c’était bien aussi pour l’ambiance… »
- « Tu voudrais que je sois en colère ??? »
- « Hum non pas vraiment… c’est comme pour les gadgets, je veux que ça ressemble à des vrais. Non, pas en colère, mais un peu rude, pas trop gentil tu vois… »
- « T’es folle toi ! »
- « Et chiante aussi non ? »
- « Tu vas voir si tu me cherches ! »
- « Ah ben voilà… »
Elle lui fait un de ses plus jolis sourires, celui qu’elle a quand elle obtient ce qu’elle veut, c’est vrai qu’elle est un peu gamine, puis se tourne vers le vendeur.
- « Les menottes là, vous avez les mêmes sans la fourrure ? »
27 avril 2008
Des échanges...
Il y a deux ans jour pour jour (je viens de m’en apercevoir en relisant ma note) j’écrivais ceci :
Je viens de lire chez Margotine, une note que j’aurais pu écrire, des craintes dont je voulais parler, des mots qui me paraissent essentiels, pour préserver les liens souvent riches qui se créent grâce à nos blogs.
Je dois préciser que personne ne m’a donné l’impression de trop attendre de moi, que personne ne m’assaille de trop de commentaires ou de mails, bien au contraire. Comme vous je suppose, j’ai grand plaisir à lire vos témoignages, vos marques d’intérêt.
Mais je suis ainsi faite, que souvent si je ne laisse pas de commentaire sur un blog que j’apprécie, si je mets un jour ou deux à répondre à un mail, je culpabilise et j’ai peur que mon désistement passe pour de l’indifférence. Et parfois, quand je me laisse aller à me sentir des obligations, j’étouffe un peu. C’est la faute au Petit Prince aussi avec son « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé »
Bien sûr, j’attends de l’autre, j’attends des commentaires, des réponses à mes mails, de certains plus que d’autres même.
Mais c’est vrai, cet espace libre doit rester libre. Je crois qu’on peut, qu’on doit pouvoir déserter sans rien perdre des liens créés. C’est vrai pour moi, c’est vrai pour vous.
Alors je crois que c’est bien de le dire, je m’aime libre, j’aime mes amis libres aussi. J’aime que mes amis aient des amis, et que ces derniers ne soient pas forcément les miens. Parce que si on devait être toujours là, les uns pour les autres, on entrerait vite dans la contrainte, et donc l’envie de s’échapper qui va avec.
Après tout, dans la vie réelle, on ne communique pas chaque jour avec ses amis. On n’est pas toujours là. On vit ailleurs aussi et c’est ce qui nous nourrit.
Il y a des blogs dont je commente presque toutes les notes, pas par obligation, mais parce que je les attends, parce que j’aime ce que je ressens, ça me parle, ça me touche et je me sens proche de leur auteur. Il y en a d’autres que je lis avec plaisir et/ou avec émotion et que je commente moins, parfois pas du tout, non que l’auteur soit moins aimable, certains me donnent envie de les connaître mieux, mais je n’ai pas forcément de choses à dire, ou parfois ça me ramène à des souffrances que je veux oublier, et si je comprends, je n’en dis rien.
Lorsque je suis sur msn et que quelqu’un que j’apprécie ne prend pas contact avec moi, ben ça me rassure. Lorsque je fais coucou et que la personne à qui j’avais envie de parler, n’est pas disponible, ça ne me déçoit pas, ça me permet d’être libre moi aussi.
Je crois profondément qu’aimer bien, c’est aimer libre.
Et j’en profite pour dire que pour moi le mot « virtuel » ne veut rien dire, en tous cas pas ici, je crois à la sincérité des échanges et vous que j’aime (je ne citerai pas de nom mais j’espère bien que vous le sentez), je vous aime en vrai !
Je voudrais dire aussi, à ceux qui se sentent trop dans l’attente, qui s’inquiètent du silence ou de l’absence, d’avoir confiance… en eux, en moi, en vous.
Deux ans ont passé et cette note, je ne la renie pas. J’ai toujours eu du mal à supporter les plaintes « tu ne passes plus sur mon blog, tu ne laisses pas de comm » et encore pire « j’ai vu que tu étais passée chez un tel… » je ne supporte pas les gens accrochés à leur stats, analysant les trajets de chacun. Récemment j’ai reçu un mail d’une personne, s’étonnant que je passe la lire régulièrement, sans jamais laisser de comm. A l’heure où elle me croyait sur son blog, je dormais. Et oui, les stats sont trompeuses, ce n’est pas parce qu’on vient de chez moi, que c’est moi qui suis là.
Pourtant si je devais réécrire sur le sujet, je pense que ma note serait un peu différente. Je ne supporte pas les stats, et les gens accros à leur stats, pourtant il m’est arrivé, à des moments de doute, de les scruter avec attention ces stats. Il m’est arrivé d’être déçue d’avoir peu de comms sur une note qui me tenait à cœur, d’avoir envie d’arrêter parce que je ne retrouvais plus une certaine ambiance. Ca m’est passé, j’étais juste à un moment plus fragile, plus en demande d’attention. Je suppose que ça nous arrive à tous. Alors lorsqu’une de mes amies exprime sa déception, je me souviens de ces moments là et je me contente de l’entendre. Je ne lui réponds plus que les gens sont juste occupés, parce que les raisons objectives, elle les connaît aussi bien que moi. Oui, il y a des moments où nous sommes plus en demande d’attention, il y a des moments où l’ambiance change et que ça tombe mal parce que ça nous aurait justement fait du bien un petit délire où un débat d’idées.
Ce que je crois, c’est que c’est juste humain de ne pas être toujours fidèle au rendez-vous, de ne pas toujours être disponible pour ses amis et que c’est humain aussi pour eux de le regretter et de s’en chagriner. Attention, je parle des râleries ou plaintes épisodiques, je reste allergique aux couineuses chroniques, faut pas pousser hein !
Voilà deux ans après, je nuance mes propos, mais je garde obstinément le passage sur la confiance et je voudrais te dire Etoile, puisque tu m’inspires cette note, que je pense que les échanges que tu regrettes, vont revenir, comme le printemps revient toujours, même s’il prend tout son temps çuilà aussi. Alors ne ferme pas.
Sinon, moi je vais bien ;)
25 mars 2008
Humeur du jour
Démomralisée
Et c'est pas mon clavier qui déconne...
23 mars 2008
Six choses...
Taguée par Gilsoub et Oïnkari, je lâche un peu le montage de mes meubles qui me passionne follement faut dire et pour lequel, je suis d’une habileté très moyenne (trois vis cassées, ça calme l’enthousiasme moi je vous dis) pour participer un peu tardivement, mais avec plaisir quand même et comme le sieur Gilsoub se moque un peu de moi que je suis loin de parvenir à ses 500 et quelques notes en deux ans au rythme où j’écris et que d’abord qui peut dire que je ne vais pas me mettre à en pondre deux ou trois par jour non mais, alors voilà j’écris un peu pour remonter ma moyenne ;) Pis d'abord j'écris plus que Mapping. Enfin, je crois... Non vous croyez pas ?
Alors la règle du jeu résumée : raconter 6 trucs sur soi et choisir quelques victimes pour les encourager à faire de même (je vais me gêner ;))
1/ Je n’aime pas faire attendre mais je suis très souvent en retard. Bon d’accord certains le savent déjà, ce n’est pas un scoop, mais les horaires, les montres, les pendules, les portables qui sonnent pour rappeler à l’ordre, ça me va pas bien. Ma Barbalala c’est tout l’inverse, elle prévoit, elle organise et elle me secoue les puces lorsque nous avons un horaire commun. Par exemple elle crie à travers la porte de la salle de bains « rer dans 15 minutes ! » et autres petites phrases engageantes. Cela dit, ce n’est pas pour cela que je suis en avance ces jours là. Lorsque nous sortons toutes les deux, il y a invariablement un incident de parcours. Elle dit que je porte la poisse. Eh oh ! Pas d’acc moi, toute seule, j’arrive en retard sans incident.
2/ Je suis effroyablement tête en l’air.
Par exemple, si je prévois une blanquette de veau (choix tout à fait innocent, si si je vous jure !) je suis capable de faire mon marché en oubliant le veau. C’est un peu gênant, mais comme on dit, quand on n’a pas de tête, faut avoir des jambes ; les miennes sont très sollicitées ;) Oh je fais bien des listes, mais j’oublie de les consulter.
3/ Je ne supporte pas le bruit. Dès qu’il y a une ambiance un peu trop sonore à mon goût, je ferme les écoutilles et m’évade au plus profond de moi. Ca doit expliquer les cris que j’entends parfois au loin « maman, maman, maman, mamaaaaaaaaaaaaaaaaan !!!! »
Pareil avec les blablateuses du bureau, un vague sourire et quelques hochements de tête, mais je suis partie ailleurs très très loin.
Avec l’âge, ça empire. Les enfants, pour vérifier si je suis bien là, me racontent parfois des histoires sans queue ni tête, histoire de voir si je vais réagir. Enfin, c’est ce qu’ils disent. Parfois j’ai des doutes.
4/ Les barbas (sauf Barbala qui trouve ça drôle et les barbajumeaux qui sont fans inconditionnels de leur maman un peu barge parfois) n’aiment pas prendre les transports avec moi. Ils disent que j’attire les gens bizarres, les clodos, les malheureux, les perdus, les anglais… Ben moi j’en suis fière. J’aimerais bien éviter les sans clopes, mais ça maintenant, c’est réglé, je dis « désolée, je n’en ai presque plus » enfin sauf au petit vieux hier, parce qu’il m’a demandé gentiment et que j’étais d’humeur guimauve. J’ai aussi décidé de ne plus donne d’argent parce que zut, c’est dur pour tout le monde, mais hier (ben oui, jour guimauve) un petit jeune a réussi à me faire craquer, me faisait penser à mon Barbouille avec ses grands yeux gênés de demander.
Moi j’aime bien que les gens bizarres, les clodos, les malheureux, les perdus, les anglais viennent vers moi. Je crois que c’est juste parce qu’ils sentent que j’aime les gens. Je ne suis pas pour autant très généreuse, mais à l’écoute oui, c’est vrai. Je me souviens d’une maman un jour, qui ne m’a pas quittée des yeux dans le bus, je me demandais si j’avais un bouton sur le nez. En sortant elle m’a abordée, m’a expliqué qu’elle avait mis le peu qu’elle avait dans ce ticket de bus, pour se rendre à la maison des femmes, demander assistance pour la protéger elle et ses enfants, de son mari violent. Je lui ai indiqué le chemin, donné ce que j’avais sur moi, un peu d’argent, quelques tickets de bus et mon numéro de téléphone. Elle m’a donné son nom. Quelques mois plus tard, elle m’appelait pour me donner des nouvelles. Elle avait réussi à partir et vivait seule, enfin tranquille avec ses enfants. Elle n’en revenait pas que je me souvienne de son nom, s’attendait à devoir expliquer qui elle était. Avec ma mémoire un peu trouée moi non plus j’en revenais pas, mais elle m’avait touchée.
A part ça, vaut mieux éviter de me demander son chemin, je suis capable de me perdre dans mon quartier moi !
5/ Quand je suis stressée, je me raye les ongles avec le dents. Je ne me les ronge plus depuis longtemps, mais à l’occasion (heureusement rare) une sorte de folie furieuse me prend et j’arrache tout. Devant le désastre, je me calme illico, mais c’est crop tard :(
6/ Je n’ai jamais réussi à faire une crème anglaise correcte. Alors je me rabats sur les petites briquettes toute faites, même si je les trouve souvent trop sucrées. Si vous avez une astuce…
Et le moment que vous attendez tous... tadaaaaaaaaaam ! Les nominés sont :
Etoile parce qu'elle fout rien, Etoile encore ça lui apprendra à faire grève sans raison sérieuse maintenant t'as plus qu'à trouver 12 trucs oui je sais la vie est injuste et moi zaussi, K li parce qu'elle va bien trouver quelque chose à nous révéler encore et qu'elle m'a pas demandé mon avis avant de grèver alors ça compte pas, Mapping pour qu'il retrouve son rythme, je lui ferais bien le meme coup qu'à Etoile mais encore convalescent pourra t-il relever le défi ? Et pis tous ceux qui ont envie de le faire bien sûr
Faut vraiment que je passe mon week-end de Pâques à monter des meubles ? Bon, d'accord, j'y retourne... après la sieste...
12 mars 2008
L'effet Barbalala
Après un peu plus d'une semaine de cohabitation, il est plus que temps de faire le point.
Voyons voir :
- Je n'ai plus de chambre. Bon d'accord c'est moi qui la lui ai laissée, ça me permet de regarder mes séries jusque très tard ;) mais je me rends compte que je dois vraiment changer la mousse du canapé, avant de le recouvrir de mon tissu joli.
- Le panier à linge déborde de nouveau. M'en fous, j'ai une bonne machine.
- Le linge à repasser ne tient plus en pile. Alors là faut que je vous dise, je suis d'une mauvaise foi totale. Parce que ma Barbalala n'a jamais été la dernière à repasser ses petites affaires. Mais bon, elle a une maman un peu barge, qui toute contente de retrouver son bébé, se jette sur ses jupes, ses pulls, ses pantalons, parce que "t'es fatiguée ma petite chérie et hein c'est bien d'être dorlotée par sa maman ?"
Tiens à ce propos j'ai eu une réclamation inattendue. Paraît que je prends trop soin de ses pulls et que du coup, ils peluchent davantage sur ses tee-shirts. Hier soir elle me montre dans un éclat de rire son tee noir tout peluché. J'ai aussitôt pris la brosse adhésive pour l'épelucher, les voisins ont du halluciner, elle est chatouilleuse ma Barbalala et elle le fait savoir ! (post it : penser à fermer les fenêtres avant d'épelucher une barbalala)
- Le programme télé donne lieu à des discussions terribles. C'est pas comme avec Barbidou et Barbidul qui se sont fait tant bien que mal au despotisme maternel. Alors on discute ferme. Mais "les experts", "Dr House" et NCIS, rien à faire, je garde la télécommande en main, nonméo ! Je perds FBI portés disparus, mais ce soir là je gagne la compagnie de ma chieuse préférée.
- Elle a attrapé une angine et est super contagieuse partageuse. C'est marrant parce que, si je peux supporter avec fatalité, des douleurs vraiment insupportables, les rhumes, les angines ont le don de me mettre d'une humeur de chien. Elle a du me passer le virus de la bonne humeur en même temps que ses crobes, parce que là, rien ne me fait perdre le sourire (et pourtant il y en a deux qui y mettent du leur, je vous garantis, quoi qu'ils me fassent sourire aussi, mais ça c'est mon côté guimauve qui s'attendrit d'un rien)
Cette petite note de rien pour vous faire partager mon bonheur d'être à quatre. Je suis un peu flemmarde pour écrire ces temps ci, mais je vais reprendre le temps de vous lire, promis !
En attendant, mon aide est requise pour des travaux manuels un peu compliqués. Le prof a suggéré de demander l'aide des parents . Non mais qui a dit qu'ils seraient plus doués hein ? Bouhh je le sens pas cet après-midi, vont se moquer de moi les barbas !
06 mars 2008
Jumeaux
Barbidul et Barbidou, comme vous le savez ou pas, sont jumeaux. Je n’ai pas choisi, c’est comme ça, et croyez moi, ça fait peut-être fantasmer bon nombre de parents d’avoir des jumeaux mais moi, on m’aurait demandé mon avis, j’aurais dit « chacun son tour, merci, je n’ai que deux mains »
Ce n’est pas tout à fait vrai. J’aurais été ravie pour le premier, ptêt même pour le deuxième. Mais bon, quand j’ai appris que j’attendais des jumeaux, j’avais déjà trois enfants vous voyez. Alors l’annonce m’a rendue plus perplexe qu’heureuse. Et si je suis heureuse, vraiment heureuse de les avoir, le sentiment de perplexité ne m’a jamais vraiment quittée.
Comme ce sont de faux jumeaux, je me suis dit que j’allais échapper à bon nombre de problèmes, au couple fusionnel et à la crise d’identité, à la relation dominant/dominé et donc aux conflits.
Je n’ai rien fait pour accentuer le fait qu’ils soient jumeaux, je ne les ai pas habillés de la même façon, j’ai viré la poussette double dès qu’ils ont su marcher, j’ai fait attention d’accorder autant d’attention à l’un qu’à l’autre, qu’aux autres. Les grands vous diraient que oui surtout à Barbidul et Barbidou et ils auraient raison, les jumeaux, ça prend de la place, ça vous désorganise en moins de deux et après ben vous faites comme vous pouvez. Je demande humblement pardon à mes grands de n’avoir eu que deux mains, que deux oreilles et que 24 heures par jour, mais je pense quand même qu’ils l’ont un peu compris depuis ;)
Jeunes parents, ou futur parents de jumeaux, ne lisez pas la suite, ce n’est pas bon pour vous je ne veux pas vous affoler ;) A vous, je dis juste que c’est deux fois plus de tendresse, de sourires, de câlins, le reste vous le découvrirez bien assez tôt ou pas après tout.
J’avais raison, ils étaient aussi différents que je le souhaitais. L’un observateur et réfléchi, l’autre plus fonceur. Oui mais… Je n’avais pas pensé à tout. Lorsque Barbidul secouait le parc pour essayer d’en sortir, Barbidou avait l’idée de lever le parc pour le laisser sortir. Ca c’est l’exemple le plus soft que j’ai pu trouver pour illustrer mes propos (je ne voudrais pas effrayer les parents de jumeaux qui seraient restés à lire malgré ma recommandation ;)
Vous savez, il arrive que les vrais jumeaux développent un vrai langage à eux, qu’ils aient une relation si fusionnelle que cela les retarde dans leur apprentissage de la vie en société. Heureusement j’ai eu des faux jumeaux, je ne me suis pas inquiétée de cela. Me suis réjouie de les voir si complices. Oui ben faut changer les manuels destinés aux parents de jumeaux. Moi je dis, faites gaffe quand même hein ! Parce que ça n’a pas été simple l’entrée à la maternelle lorsqu’ils ont du apprendre une langue étrangère ! Moi j’arrivais à les comprendre, mais la pauvre instit ! Comment voulez-vous qu’elle sache qu’un ayopap est un aspirateur ? En même temps, vous me direz qu’à l’école ce n’est pas le mot le plus utilisé. Oui mais Barbidul était fasciné, terrorisé par les ayopap, et c’est la première chose qu’il cherchait lorsqu’il entrait dans un nouvel endroit. Impossible de le rassurer tant qu’il n’avait pas localisé l’engin. Moi je sais d’où venait sa terreur de l’aspiration, mais vous imaginez la tête de l’instit qui ne devait rien comprendre ?
Bon, ce n’est pas si grave, ils ont fini par savoir parler comme tout le monde et j’avais tort de m’inquiéter, Barbidul savait lire, écrire, compter dès la fin de la grande section de maternelle. Mais quand même, la maman elle aurait bien aimé que ça se passe par des étapes un peu plus conventionnelles.
Qu’en est il de la relation dominant/dominé ? Ahhhhhhhhhh j’ai échappé à ça. Y a pas de dominé. C’est bien ça non ? Hum y a deux dominants, deux dominants qui tiennent à faire savoir à l’autre qu’ils dominent. Je vous laisse imaginer. Ces deux là s’adorent, s’aiment très fort, se le disent même, mais ils se battent. Sans arrêt, ils se battent et s’insultent. Lorsqu’ils se font pleurer, ils se demandent mutuellement pardon, se disent que c’est la dernière fois que « non, c’est trop con » et puis ils recommencent leurs batailles de petits coqs. Et depuis quelque temps, c’est l’escalade dans les gros mots.
Alors moi, Barbasucre, maman de ces deux petits coqs, j’ai décidé de ne plus intervenir. Ils me fatiguent. J’ai décidé de partager leur argent de poche en une partie fixe, qu’ils auront quel que soit leur comportement et en une partie variable qu’ils auront à la fin du mois. C’est 50 centimes le gros mot et 1 euros la bagarre.
Pensez-vous que je vais faire des économies ? ;)
03 mars 2008
De la rancune
J’allais mettre un comm sur le blog de Kaliuccia à propos de sa note sur la rancune, et je me suis mise à y réfléchir tellement que je me suis dit que peut-être, je pourrais en faire une note.
J'aimerais être comme Edith Piaf "je ne regrette rien, ni le bien, ni le mal qu'on m'a fait ». La vérité c'est que je n'oublie rien, ni du mal, ni du bien... Alors du coup, je me demande si ne rien oublier n'est pas de la rancune.
Je ne pense pas entretenir de sentiments de rancune envers ceux qui m'ont fait du mal. C’est juste que je zappe ces personnes là, je refuse tout contact. Je ne pense pas que c’est par rancune, c’est juste que je ne veux pas qu’ils aient l’occasion de me faire souffrir à nouveau. Je ne les déteste même pas, mais je ne veux plus les voir, parce que le mal est fait et reste, et restera, toujours sensible.
Et comme toi Kaliuccia, je ne supporte pas bien qu'on me parle de ces personnes là. J'ai même du mal à admettre que d'autres que j'aime, puisse continuer à les aimer. Je n'en dis rien, mais j'ai du mal avec ça. Hum ça doit quand même bien être de la rancune non ?
En discutant avec Barbalala ce week-end, je me disais que la solution pour moins se laisser atteindre, c'était d'accorder juste autant d'importance à ceux qui nous font du bien, qu'à ceux qui nous blessent. Au final, ils sont plus nombreux.
La discussion avec Barbalala tournait autour de mes souvenirs d’enfance. Discussion arrivée sur le tapis, suite à la sortie du film « bienvenue chez les ch’tis » que nous sommes allés voir ce week-end. Je lui disais comme j’avais détesté le ch’ti dans mon enfance, que j’associais dans mon esprit à une sorte de méga rusticité avinée, et aussi il faut bien le dire à une humiliation cuisante au collège, lorsque mes camarades se sont moqués de moi en chœur, lorsqu’un jour, j’ai prononcé poêêêêle au lieu de poêle, ah ça oui, je leur en ai voulu à tous ces ch’tis dont j’ai toujours refusé l’accent mais qui avaient tout de même réussi à m’empêcher de parler un français impeccable. C’est rien un mot, mais devant la moquerie des autres, il prend toute la place du monde ce mot là !
Je lui ai raconté ça, mais surtout, je lui ai raconté comme maintenant, lorsque j’entends cet accent jadis haï, je me trouve juste immédiatement plongée dans les souvenirs les plus heureux de mon enfance. Alors j’ai fait revivre pour elle ma grand-mère et son quartier.
A la fin de notre discussion, j'en étais arrivée à la conclusion, que j'avais vécu une enfance exceptionnelle. Pas de déni hein ! C'est sûrement pas grâce à mes parents pffff, mais il y a tous les autres, ma grand-mère et toutes ses amies, mes instits, mes profs, mes voisines, les parents de mes copines, la bibliothécaire, la libraire, mon parrain, mes cousins et tant d'autres que je n'ai parfois rencontrés qu'une seule fois mais qui ont pourtant laissé leur empreinte bienfaisante.
J’ai été entourée d’amour. Mes parents… z'étaient que deux après tout !
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Et puis, je ne dois pas être si rancunière, parce que malgré tout le mal qu'ils m'ont fait, je n'ai même pas réussi à ne plus les aimer. Lorsque je parle d'eux, je joue l'indifférente, parce que ça me protège, je fais celle qui a tout bien digéré, parce qu'il faut bien avancer. Je sais moi, que je me mens pour ne pas souffrir.
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Mais en y regardant bien, la petite fille qui devait se protéger de son père (qui, je le précise, était en même temps un vrai papa qui aide en maths, qui prépare le petit déjeuner et qui soigne les écorchures aux genoux et je précise aussi pour ne pas faire pleurer dans les chaumières que même si c'était hyper pénible, ben la petite fille elle a quand même réussi à se protéger et même à lui casser la figure un jour où il était plus entreprenant que d'habitude, mais quand même il était aussi un papa qui aime- la vie n'est jamais simple hein !) celle qui aurait voulu changer les choses, celle qui en faisait des tonnes pour se faire aimer de sa mère, elle est toujours là. Je continue de la laisser vivre cette petite fille, mais petit à petit, je lui accorde moins de place sans la faire disparaître, parce que cette petite fille là, elle me guide aussi
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Elle me guide par exemple avec le papa de mes barbas. Elle m'aide à ne pas condamner, à toujours essayer de comprendre. Elle m'aide à entretenir les liens. Et si aujourd'hui, je continue de voir leur papa, de l'aimer quand même d'une certaine façon, pas d'amour, mais comme quelqu'un de ma famille, c'est que cette petite fille sait que l'absence, la rupture est pire que tout. Je pense sincèrement que si nous passons maintenant de vrais bons moments malgré la séparation, c'est grâce à cette petite fille à qui ses parents manquent.
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Cela dit, n'allez pas pleurer sur le sort de la petite fille hein ! C'est pas le but de cette note. Elle va bien, je lui fais des câlins, et puis elle a grandi aussi et rappelez vous, elle a eu une enfance exceptionnelle nonméo ! ;)
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Et j'avais raison, ma Barbalala à la maison, c'est un peu les uns sur les autres, un peu de foutoir même (elle a déménagé avec des sacs poubelles et en attendant que les placards que j'ai commandé arrivent, c'est l'invasion ! Mais c'est surtout tout plein de vie, des sourires aux explosions de rire... Et des câlins !
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Alors voilà, j'ai commencé cette note sur la rancune, je la finis en vous faisant part de mes sentiments du jour. je suis super heureuse !



