De la banlieue à Paris

Passer de sept à trois, vendre la maison, partir, rêver... S'installer à Paris ? Mais oui !!!!!!! Pourquoi pas ?

03 mars 2008

De la rancune

J’allais mettre un comm sur le blog de Kaliuccia à propos de sa note sur la rancune, et je me suis mise à y réfléchir tellement que je me suis dit que peut-être, je pourrais en faire une note.

J'aimerais être comme Edith Piaf "je ne regrette rien, ni le bien, ni le mal qu'on m'a fait ». La vérité c'est que je n'oublie rien, ni du mal, ni du bien... Alors du coup, je me demande si ne rien oublier n'est pas de la rancune.

Je ne pense pas entretenir de sentiments de rancune envers ceux qui m'ont fait du mal. C’est juste que je zappe ces personnes là, je refuse tout contact. Je ne pense pas que c’est par rancune, c’est juste que je ne veux pas qu’ils aient l’occasion de me faire souffrir à nouveau. Je ne les déteste même pas, mais je ne veux plus les voir, parce que le mal est fait et reste, et restera, toujours sensible.

Et comme toi Kaliuccia, je ne supporte pas bien qu'on me parle de ces personnes là. J'ai même du mal à admettre que d'autres que j'aime, puisse continuer à les aimer. Je n'en dis rien, mais j'ai du mal avec ça. Hum ça doit quand même bien être de la rancune non ?

En discutant avec Barbalala ce week-end, je me disais que la solution pour moins se laisser atteindre, c'était d'accorder juste autant d'importance à ceux qui nous font du bien, qu'à ceux qui nous blessent. Au final, ils sont plus nombreux.

La discussion avec Barbalala tournait autour de mes souvenirs d’enfance. Discussion arrivée sur le tapis, suite à la sortie du film « bienvenue chez les ch’tis » que nous sommes allés voir ce week-end. Je lui disais comme j’avais détesté le ch’ti dans mon enfance, que j’associais dans mon esprit à une sorte de méga rusticité avinée, et aussi il faut bien le dire à une humiliation cuisante au collège, lorsque mes camarades se sont moqués de moi en chœur, lorsqu’un jour, j’ai prononcé poêêêêle au lieu de poêle, ah ça oui, je leur en ai voulu à tous ces ch’tis dont j’ai toujours refusé l’accent mais qui avaient tout de même réussi à m’empêcher de parler un français impeccable. C’est rien un mot, mais devant la moquerie des autres, il prend toute la place du monde ce mot là !

Je lui ai raconté ça, mais surtout, je lui ai raconté comme maintenant, lorsque j’entends cet accent jadis haï, je me trouve juste immédiatement plongée dans les souvenirs les plus heureux de mon enfance. Alors j’ai fait revivre pour elle ma grand-mère et son quartier.

A la fin de notre discussion, j'en étais arrivée à la conclusion, que j'avais vécu une enfance exceptionnelle.  Pas de déni hein ! C'est sûrement pas grâce à mes parents pffff, mais il y a tous les autres, ma grand-mère et toutes ses amies, mes instits, mes profs, mes voisines, les parents de mes copines, la bibliothécaire, la libraire, mon parrain, mes cousins et tant d'autres que je n'ai parfois rencontrés qu'une seule fois mais qui ont pourtant laissé leur empreinte bienfaisante.

J’ai été entourée d’amour. Mes parents… z'étaient que deux après tout !

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Et puis, je ne dois pas être si rancunière, parce que malgré tout le mal qu'ils m'ont fait, je n'ai même pas réussi à ne plus les aimer. Lorsque je parle d'eux, je joue l'indifférente, parce que ça me protège, je fais celle qui a tout bien digéré, parce qu'il faut bien avancer. Je sais moi, que je me mens pour ne pas souffrir.

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Mais en y regardant bien, la petite fille qui devait se protéger de son père (qui, je le précise, était en même temps un vrai papa qui aide en maths, qui prépare le petit déjeuner et qui soigne les écorchures aux genoux et je précise aussi pour ne pas faire pleurer dans les chaumières que même si c'était hyper pénible, ben la petite fille elle a quand même réussi à se protéger et même à lui casser la figure un jour où il était plus entreprenant que d'habitude, mais quand même il était aussi un papa qui aime- la vie n'est jamais simple hein !) celle qui aurait voulu changer les choses, celle qui en faisait des tonnes pour se faire aimer de sa mère, elle est toujours là. Je continue de la laisser vivre cette petite fille, mais petit à petit, je lui accorde moins de place sans la faire disparaître, parce que cette petite fille là, elle me guide aussi

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Elle me guide par exemple avec le papa de mes barbas. Elle m'aide à ne pas condamner, à toujours essayer de comprendre. Elle m'aide à entretenir les liens. Et si aujourd'hui, je continue de voir leur papa, de l'aimer quand même d'une certaine façon, pas d'amour, mais comme quelqu'un de ma famille, c'est que cette petite fille sait que l'absence, la rupture est pire que tout. Je pense sincèrement que si nous passons maintenant de vrais bons moments malgré la séparation, c'est grâce à cette petite fille à qui ses parents manquent.

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Cela dit, n'allez pas pleurer sur le sort de la petite fille hein ! C'est pas le but de cette note. Elle va bien, je lui fais des câlins, et puis elle a grandi aussi et rappelez vous, elle a eu une enfance exceptionnelle nonméo ! ;)

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Et j'avais raison, ma Barbalala à la maison, c'est un peu les uns sur les autres, un peu de foutoir même (elle a déménagé avec des sacs poubelles et en attendant que les placards que j'ai commandé arrivent, c'est l'invasion ! Mais c'est surtout tout plein de vie, des sourires  aux explosions de rire... Et des câlins !

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Alors voilà, j'ai commencé cette note sur la rancune, je la finis en vous faisant part de mes sentiments du jour. je suis super heureuse !

 

Posté par Barbasucre à 13:10 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Qu'est ce que cela fait du bien de te lire heureuse!
alors ça oui, ça fait un bien fou :)

Sinon, à vous lire Kali et toi, ben, je me demande si je ne suis pas (devenue ?) rancunière finalement et puis tant mieux qq part car si je me retrouve dans vos définitions, c'est que je lis "protection", alors vu comme cela, va pour la rancune ;)

bisous et bon amusement en famille

ps hier, j'ai super pensé à toi, j'ai gravé un CD pour ma miss avec entre autre "les barabapas ..."

Posté par zoe, 03 mars 2008 à 18:20

:-)

C'est amusant, je n'ai effectivement pas envie de pleurer dans les chaumières parce que j'aime bien la femme que cette petite fille est devenue.

Et je crois que petites filles, nous aurions été de chouettes amies.

Et j'adore cette superbe façon que tu as de rebondir sur une note en apportant toute cette fraîcheur qui fait tellement de bien.

Et voilà, tu me manquais ici ;-)

Posté par Kaliuccia, 03 mars 2008 à 22:57

rancune?

Moi en lisant cette note c'est surtout le mot Pardon qui me saute aux yeux, tu as pardonner...et ça c'est géant!
Bravo

Posté par 7th, 06 mars 2008 à 14:08

Oui c'est plus de l'auto-protection que de la rancune je crois.
Oui je vais essayer de garder ma Barbalala à la maison le plus possible. Elle fait des économies de loyer et moi de vitamines ;)

Posté par à Zoe, 06 mars 2008 à 15:38

Je pense aussi que nous aurions été de chouettes amies. Surtout que tu sais accepter mes périodes plus silencieuses. Bon d'accord, c'est pas celles que tu préfères, je sais. ;)

Posté par à Kaliuccia, 06 mars 2008 à 15:42

Oui, j'ai pardonné. J'ai longtemps pensé ne pas pouvoir et puis finalement ce n'est pas si difficile, il y a juste un chemin à suivre pour ça.
Aujourd'hui, je commence à être en paix avec mon histoire, je me dis "c'est comme ça".

Posté par à Seventh, 06 mars 2008 à 15:44

Après le "pardon" , ou à cause de...vient le moment de l'indifférence : le moment où il n'est plus besoin de se protéger, parce que ça ne fera plus mal...ça fera juste un haussement d'épaule et puis passer à autre choses: c'est du moins ce que j'ai pu vivre; et ce que je te souhaite avec le temps: c'est tellement plus confortable!:Prendre ce qu'il y a de bon et négliger le reste, parce que ça n'a plus d'importance. C'est un long chemin, peut-être celui qu'on pourrait appeler sérénité? Il y aurait beaucoup à dire sur le pardon : la mémoire reste quand même....
c'est toujours un plaisir de te lire , et de te savoir bien dans cette nouvelle vie
bises amicales

Posté par moime, 06 mars 2008 à 19:52

C'est ce que j'aimerais. Je suis toute en émotions et si ça me permet de savourer les petits bonheurs de façon intense, ça m'handicape aussi lorsqu'il s'agit de choses négatives.

Je crois quand même que j'arrive de mieux en mieux à faire la plus belle part à ce qui est beau et bon. Premier effet : Je retrouve mes bons souvenirs d'enfance :)

Merci de ta fidèle présence, tu me fais chaud au coeur.

Bisous

Posté par à Moime, 12 mars 2008 à 11:02

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