Il y a un an de ça, peut-être plus, il me quittait. Pas d’anniversaire à fêter ou à regretter, il n’y a rien eu de dit, rien d’écrit, juste l’absence et la distance et moi toute seule pour comprendre et pour en parler plus tard, bien plus tard…

Je n’ai jamais rien écrit ici. La douleur, les interrogations, la peine immense de ne plus le voir, puis de le voir autrement, je me les suis gardées bien au chaud pour moi toute seule et quelques amies compatissantes. Et même ces amies, je ne pense pas les avoir trop bassinées avec mes états d’âme. Bon peut-être un peu au début, et puis à certains moments un peu difficiles, mais je crois que je peux dire que j’ai été raisonnable. Avec lui aussi je crois. J’ai exprimé mes sentiments, mais je ne l’ai pas harcelé, l’amour ça ne commande pas, ça ne s’exige pas, c’est ce que je crois, et je ne fais pas aux autres ce que je détesterais qu’on me fasse. Les grandes scènes, c’est pas trop mon truc, la violence de mes sentiments, je ne la partage avec personne.

Voilà, raisonnable, c’est ça… J’ai été raisonnable.

Qu’est ce qu’elle nous fait la Calu raisonnable là ? Ca fait plus d’un an, elle ne peut pas passer à autre chose ?

Ca fait un an, et non, elle n’est pas passé à autre chose. Elle s’est fait une raison, elle n’espère plus qu’il revienne, même plus elle rêve. Elle se dit même que s’il revenait, elle dirait non la Calu. Mais ça en vrai, elle ne sait pas, c’est comme dans la chanson de Lynda Lemay :

Et si, si c'était vrai c'qu'y disent à propos de moi ?
Que j'suis pas remise de mon mauvais état
Qu'si tu revenais je t'ouvrirais les bras
Et si, si c'était vrai c'qu'y disent dans mon dos ?
Que j'me déguise en bonheur un peu gros

Mais qu'au fond j'ai le coeur comme un tombeau.
Et si, si c'était vrai c'qu'y disent un peu partout ?
Qu'j'ai pas pris l'temps de repriser mes trous
Qu'j'vais prendre froid au premier rendez-vous

J'peux pas savoir
Puisque t'es pas revenu me voir
Comment veux-tu qu'je sache ?
C'que mon vieux coeur me cache ?

Et si, si c'était vrai, c'qu'y disent à mon sujet ?
Que j'suis pas aussi forte que j'parais
Que j'tremble comme une porte sans loquet
Et si, si c'était vrai qu'j'ai l'âme comme un chiffon ?
Qui a tant essuyé d'humiliations

Qu'elle se déchire à la moindre torsion
Et si, et si elles étaient vraies toutes ces rumeurs ?
Que j'te reprendrais si tu revenais en pleurs
Que j'succomberais au premier bouquet de fleurs

J'peux pas savoir
Puisque t'es pas revenu me voir
Comment veux-tu qu'je sache
C'que mon vieux coeur me cache ?

J'peux pas savoir
Puisque t'es pas revenu me voir
Comment veux-tu qu'je sache
C'que mon vieux coeur me cache ?

.

En fait, ma tête sait, mon cœur ne sait pas. L’a jamais tellement bien su ce qui était bon pour lui çuilà.

Je n’écris pas ce texte comme un appel pour qu’il revienne, ma tête n’est pas d’accord. J’ai juste envie là maintenant, d’exprimer les sentiments qui m’habitent après avoir passé la nuit à repenser à tout ça.

Je me rends compte que non, je ne suis pas prête à passer à autre chose. Si les sourires, les regards des hommes me font plaisir, ils ne me donnent pas envie. Je passe sans m’arrêter, le moral un peu regonflé mais le cœur vide. Les hommes qui pourraient me plaire, je les évite soigneusement. Et je réalise que peut-être, ne pas savoir quelle serait ma réaction s’il revenait, est un frein. Comment commencer une autre histoire, sans être sûre de ça ? Comment aimer quelqu'un d'autre alors que mes sentiments pour lui n'ont pas changé, que le voir, l'entendre me fait toujours autant battre le coeur ?

Alors ici, je dis, je pense et je déclare que d’une il ne reviendra pas, et de deux, il n’est pas l’homme qu’il me faut et que dans l’hypothèse hautement improbable où il revienne, je dirais non. Pas même pour un soir, ne surtout pas se souvenir de ses mains sur moi et arrêter de me faire croire encore que la tendresse et la force de ses caresses était de l’amour. Ca n’en était pas, si ça avait été de l’amour, je le saurais et aujourd’hui ma tête et mon cœur seraient en accord.

Voilà, je ne suis pas prête encore à passer à autre chose, j’en suis consciente. Mais aujourd’hui je me l’autorise. Parce qu’il me semble que continuer à l’aimer sans retour serait d’une certaine façon, me complaire dans la souffrance et donc ne pas me respecter.