Ce matin, alors que péniblement, je tente d’émerger du brouillard épais dans lequel je reste engourdie malgré un premier café, ma Barbalala allume la télévision. Moi le matin la télé, je n’aime pas, m’enfin je suis trop cotonneuse pour protester. Je m’installe près d’elle avec mon café, devant un… dessin animé. Je remarque tout d’abord la piètre qualité des dessins, mais je laisse mon esprit accompagner l’histoire de ces enfants accompagnés d’un chien. Il y a comme un goût de familier, pourtant je ne connais pas cette série.

Lorsque l’un des protagonistes appelle le chien « Dagobert ! » ma Barbalala s’anime « c’est le club des cinq tu crois ? »

Ah, ça expliquerait cette impression de familier, j’ai dévoré ces livres étant petite. Oui mais, ça ne peut pas être ça. L’héroïne « garçon manqué » de la série c’était Claudine, même qu’elle refusait de répondre à son prénom, tant elle aurait aimé être un garçon. Vous allez vous dire « Ah tu as du t’identifier à elle alors » et bien non, j’aimais juste qu’une fille intrépide porte mon prénom, j’étais un peu garçon manqué en primaire, mais n’avait rien de son goût de l’aventure, et si je préférais juste jouer avec les garçons, je me sentais fille. J’en connais qui ne vont pas manquer de sortir « tiens donc ! » alors je rappelle que c’était en primaire, et que de mon temps (ah ce que je fais vieille là tout à coup) nous ne pensions pas à autre chose qu’à jouer, et que même si un garçon pouvait occuper nos pensées un peu plus que les autres, ça restait de l’ordre du platonique le plus pur et que l’un d’eux, en cm2, s’est pris une gifle magistrale au cinéma, pour l’avoir oublié et tenté de m’embrasser. Nonméo !

Je réponds donc à ma Barbalala chérie que non, ça ne peut pas être le club des cinq, il n’y a ni Claude, ni Claudine dans l’histoire. Et là, elle rit, et m’explique « mais enfin maman, c’est normal, ils ont changé les prénoms. Tu n’imagines tout de même pas qu’ils laisseraient une fille s’appeler Claudine ? A la rigueur, ils auraient pu laisser François et Mick, mais pas Annie ou Claudine. »

-         « Ben quoi ? C’est joli Claudine !

-         « Oui, mais enfin ça va à quarante ans, t’as vu je suis gentille je te rajeunis, t’as un peu plus en fait… »

Voilà, j’ai fini mon café, je suis réveillée et je me sens maintenant racornie comme une vieille pomme délaissée. Pfff ! Les dessins animés c’est plus de mon âge !

Un petit tour sur internet me confirme que pour cette série inspirée des aventures de la regrettée Enid Blyton, responsable de mes premiers émois littéraires, un grand coup de jeune a été décidé, notamment en changeant les prénoms des héros de l’histoire.

M’en fous, il n’est même pas de qualité ce dessin animé ! Et puis on éteint la télévision et on met de la musique. Ah mais !