Je voulais raconter Cabourg, les souvenirs les plus beaux sans Boulet, et puis voilà maintenant deux fois que je perds tout et comme je suis loin d’être patiente ben on verra plus tard peut-être. Enfin, je la referai sûrement, j’aime bien les photos de mes barbas :)

Non, ce soir, je vous emmène à l’opéra. Je voudrais vous parler de mon opéra préféré « Lucia di Lammermoor » de Donizetti. Ca n’a pas toujours été mon opéra préféré, forcément, avant je ne le connaissais pas, très classiquement, j’aimais Verdi et notamment la toujours très belle « Traviata ».

« Lucia di Lammermoor » je l’ai découvert durant les études de chant de ma Barbalala et je vous garantis qu’avec elle, je crois que j’ai écouté, avec un plaisir chaque fois renouvelé, toutes les versions existantes en DVD. J’ai eu la chance d’assister à la représentation donnée à l’opéra Bastille en 2006 avec Natalie Dessay, c’était tout simplement extraordinaire. Cette femme ne se contente pas d’avoir un talent exceptionnel, elle joue, elle vit, elle donne avec une générosité à vous couper le souffle. Je pensais avoir assisté là, au meilleur de ce que peut donner l’opéra (même si l’opéra Bastille est loin de posséder l’acoustique à la mesure de son talent, faut le dire ça quand même que c’est bien dommage pour une salle d’opéra de ne pas savoir rendre la richesse et la virtuosité d’une voix ! Zut alors ! Y a des salles de quartiers qui font mieux, enfin moi ce que j’en dis, j’y connais rien, je sais juste si je vibre avec ou pas, alors oui, j’ai vibré avec Natalie Dessay, mais c’est juste parce que c’est elle, et qu’elle a une telle maîtrise de sa voix que ce n’est pas une salle mal sonorisée qui va l’arrêter, m’enfin, j’ose juste imaginer ce que ça donnerait dans une salle digne de ce nom, fin de la très longue parenthèse.) Barbalala me rend chèvre à me raconter comment c’était trop beau, trop magnifique au théâtre des Champs Elysées, pffff je peux pas tout dépenser mon argent de poche pour l’opéra moi eh oh !

Bref, j’en étais là, pensant avoir vu l’ultime interprétation de « Lucia di Lammermoor », l’inoubliable, la définitive… Et voilà que ce soir, ma barbalala tout sourires, alors que je m’apprête à regarder « Les Experts » débarque avec un dvd posé tout contre son cœur et un air engageant, genre « tu veux bien regarder avec moi ? » J’accepte volontiers, d’une part parce que je sais que ça lui fait plaisir, que ça va être un moment de partage comme j’aime et d’autre part, parce que ce soir les experts me tentent moyennement (pardon Horatio, mais oui je t’aime toujours ;) on se retrouve mardi prochain, ce soir j’écoute une nouvelle version de Lucia.)

Lucie insère le dvd, je ne suis pas concentrée, pas attentive, plein de choses en tête… Pourtant, il ne me faut pas 2 minutes pour être emportée. Je me suis mise à frissonner, à trembler même (merci aussi gentil vendeur de Darty pour m’avoir si bien conseillé pour le choix de ma nouvelle chaîne hifi) Le bonheur d’aimer, la trahison, l’amour poussé jusqu’à la folie, la solitude, l’inquiétude, la compassion, il me semble tout à coup en saisir l’exacte couleur. C’est grand, c’est Natalie Dessay, au faîte de son art, entourée de chanteurs qui ne sont pas là pour meubler, pour servir de faire-valoir. Non, ils sont tous très justes, rien n’est surjoué, c’est poignant, saisissant.

A un moment, l’instant où elle se met à tourner, emportée par sa folie, et que le temps paraît suspendu, une vague a parcouru mon corps tout entier, à vous consoler de dormir seule je vous dis que ça ! Elle ne joue plus, elle perd la raison, elle est seule, elle n’est pas une célèbre cantatrice qui pourrait en profiter pour démontrer une fois de plus ses formidables capacités vocales, non elle est bien plus que ça, elle est Lucia, qui, trahie par son frère, a perdu l’amour de sa vie, aucun mot ne pourrait rendre comment elle interprète ce rôle, c’est tout simplement incroyable !

Alors vous voyez, je donne rarement des conseils, mais si vous aimez un peu l’opéra ou si vous souhaitez découvrir, je vous conseille le dernier cd de Natalie Dessay « airs d’opéras italiens » celui en édition limitée avec le dvd bonus « la scène de la folie de Lucia di Lammermoor » enregistré au Metropolitan Opera. Vous ne regretterez pas, j’en suis sûre, une si belle occasion de saisir la magie de l’opéra. Et tiens, vous frissonnerez encore en entendant les applaudissements de la fin. Je crois n’en avoir jamais entendu de pareils, c’est une vague d’enthousiasme trop longtemps retenu qui déferle, moi j’en ai eu les larmes aux yeux, je vous dis pas si ma Barbalala a pleuré, j’ai pas le droit ;)

Mettez le son fort, les voisins ne vous en voudront pas !

Ah oui, pour les âmes sensibles, s’il y a du sang partout, c’est qu’elle a tué, lors de la nuit de noce, le mari que son frère l’a obligé d’épouser. On est fidèle ou on ne l’est pas !

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