30 mai 2008
Deux heures à tuer ?
Mon conseil ciné du soir si nous ne l’avez pas encore vu « Deux jours à tuer » de Jean Becker avec Albert Dupontel, (quel regard ce mec !) Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck… Profitez, tout le monde est dans la salle d'à côté pour voir sex and the city (z'ont pas tort non plus, si vous aimez la série, vous aimerez le film, mais là, vous choisissez Dupontel)
Savez quoi ? Je ne vais pas vous en parler, allez juste le voir, vous ne regretterez pas. Je vous dis juste que jamais je crois, je n’ai été aussi bouleversée par un film - oui, je sais, je me laisse bouleversifier facilement ces temps ci mais bon je ne suis pas la seule, ma Barbalala a fondu en larmes, un torrent de larmes, sur la voix de Reggiani à la fin du film. Je ne l’ai pas consolée, d’abord parce que je la connais, le moindre geste de compréhension aurait fait redoubler ses larmes et puis parce que j’étais déjà très occupée à me sécher les joues moi aussi. Ca faisait longtemps que je n’avais pas versé une larme au ciné, la dernière fois c’était pour « spiderman 2 » quand Peter annonce à Mary-Jane que décidément non, eux deux ça ne va pas être possible. Oui je sais je suis nulle, mais ce ne sont pas les mêmes larmes, vous sauvez pas en courant, je vous jure ce film est magnifique.
Traître mais magnifique. Traître parce que vous commencez à regarder un film drôle, percutant, intelligent, qui vous interpelle sur le sens de la vie, et putain mais qu’est ce qu’on en fait de cette vie, mais bon, vous avez l’habitude, ce coup là on vous l’a déjà fait, ces questions là vous vous les posez déjà et puis vous avez regardé la bande annonce alors vous vous y attendez, les émotions vous les gérez, vous vous dites juste que vous avez bien fait de venir voir ce très bon film. Jusqu’à ce que…
Ah non, ça je ne vous dis pas, allez le voir je vous dis !
Les quelques spectateurs réunis dans la salle n’ont pas seulement laissé défiler le générique jusqu’à la fin. Chacun est resté assis un moment devant l’écran vide, plongé dans ses pensées. Pas un mot, pas un chuchotement. Silence, émotion et les mots de Reggiani qui résonnent encore…
Je n’avais lu aucune critique avant d’y aller. Je viens de le faire et ben décidément, je continuerai de ne plus les lire. Tain ces journalistes, ils sont si blasés que rien ne les touche ? Il faut descendre en flèche les films de qualité pour avoir l’air intelligent ? Navrant !
Demain moi j’y retourne !
22 mai 2008
Et...
... Je ne me suis jamais sentie aussi seule !
Quand les enfants découvrent la « justice »
Vous vous rappelez cette note où je racontais l’agression de Barbidul à la sortie du collège ?
Hier après-midi, je reçois un appel du commissariat. Les trois enfants ont été convoqués, ils sont au commissariat. Deux enfants confirment la déposition de Barbidul, l’autre nie, Le procureur a demandé une confrontation avec celui-ci.
Déjà, ça m’énerve, parce que je dois y être dans la demi-heure, pas le temps de préparer mon Barbachéri, on part en catastrophe. Nous nous rendons à la gendarmerie où j’ai déposé plainte et là nous apprenons que le dossier a été transféré à l’hôtel de police. Sympa de l’apprendre après avoir fait le trajet en transports en commun ! Enfin bon, nous nous y rendons et trouvons à l’accueil, les trois enfants accompagnés de leurs parents. Un père fusille mon fils du regard, je rassure Barbidul et soutiens son regard, qu’il me fusille moi, je m’en tape !
Je peux vous dire que mon Barbidul n’en mène pas large. Il sait qu’il doit juste répondre aux questions, que c’est lui la victime, mais se retrouver face à un de ses agresseurs n’est pas une perspective réjouissante.
Le moment tant redouté arrive. Ca se passe bien. Ils ne doivent pas se parler, juste répondre aux questions. Barbidul confirme sa déposition, répond à des points de détail, l’autre continue de nier. D’après lui, dans le couloir ce sont des grands qui passaient qui l’ont frappé derrière la tête. Le lieutenant lui dit que ses copains ont confirmé que c’était lui, lui explique que mentir ne fait qu’aggraver son cas, que Barbidul a tout de même 2 jours d’itt, même si ce n’est pas cette claque derrière la tête qui l’a blessé c’est comme ça que tout a commencé, ce n’est pas une plaisanterie, il ferait mieux d’avouer. Le gamin répond que ses copains lui ont dit qu’ils n’avaient rien dit. Moi, en mon for intérieur, je remarque juste qu’il ne nie pas, mais compte sur le silence de ses amis. Le lieutenant lui lit la déposition de ceux-ci. On voit bien que le môme est atterré de découvrir leur « trahison » mais continue de nier. Le lieutenant nous demande d’attendre dans le hall, qu’il doit entendre séparément les deux autres avant qu’une décision ne soit prise. Il est en relation téléphonique avec le procureur ça va aller vite.
Je vois ressortir le père au regard incendiaire avec son fils, il a l’air revanchard de celui qui a réussi un combat de boxe. Je me dis que son fils n’a du avoir qu’un avertissement, il faisait partie de ceux qui ont participé mollement, Barbidul a pu éviter ses coups et ne l’a pas chargé lors de sa déposition.
Le troisième gamin, celui qui a porté les coups les plus graves qui ont blessé mon Barbidul sort tête baissée devant son père. On nous appelle.
Je retrouve le lieutenant qui a interrogé Barbidul et là, stupeur, il m’apprend que Barbidul n’a qu’un « rappel à la loi » mais que le procureur ne le poursuit pas.
« Pardon ? »
Et bien oui, en cherchant à se protéger, il a donné deux coups de pied. Alors la loi lui rappelle que l’école c’est fait pour travailler, qu’il ne doit pas se bagarrer.
J’hallucine ! Je vous jure que là, je me suis retrouvée scotchée comme jamais. J’ai du rester la bouche ouverte un moment.
J’ai retrouvé mes esprits lorsqu’il s’est mis à faire la morale à mon gamin en larmes. Je l’ai interrompu. « Excusez moi de vous interrompre, je ne veux pas vous manquer de respect, mais voilà, j’ai encouragé mon fils à faire appel aux adultes et à l’autorité, ce n’est pas pour que ça finisse comme ça. Alors là, il voit que la justice ne l’entend pas, je n’y peux rien, il va apprendre de ça aussi, mais vous ne lui faites pas la morale à propos des bagarres à l’école, parce qu’il s’est retrouvé dans cette situation justement parce qu’il refusait de se battre. »
Il tente de m’expliquer, me dit que Barbidul aurait du se faire petit, ne pas se défendre.
Barbidul indigné lui fait remarquer qu’il a été blessé, que lui n’a agressé personne, que même en se défendant il a fait attention de ne blesser personne. Là, l’autre lui montre les textes de loi. Coups donnés avec 0 jours d’ itt à 8 jours = sanction. Si on s’en tient à ce texte, techniquement Barbidul est en tort, mais devrait se réjouir, il n’est pas poursuivi s’il ne fait pas parler de lui pendant six mois.
Barbidul est effondré. Je demande si je peux faire appel. Il me dit qu’il ne me le conseille pas, que la plupart du temps, les décisions sont confirmées que là le procureur ne le poursuit pas, mais si je fais appel je prends le risque de poursuites.
Il me demande encore si je comprends je lui dis que non. Nous devons encore signer l’avis d’infraction. Avant de le faire j’explique à Barbidul hésitant, que signer signifie que nous avons été informés de la décision mais qu’en aucun cas, ça ne signifie que nous sommes d’accord.
Avant de partir, je demande au lieutenant, s’il veut bien m’écouter pour un dernier point, que c’est important pour Barbidul que je pose ces mots ici, devant la personne qui lui a signifié un « rappel à la loi » Il m’accorde ce droit.
Alors je lui dis que j’ai bien compris l’aspect technique de ce qui s’est passé, mais que je trouve ça profondément injuste, je tiens à lui dire que moi, je suis fière de mon enfant qui a refusé la bagarre au risque de paraître lâche aux yeux de ses camarades, que j’ai été fière de lui lors de sa déposition parce que bien qu’étant encore sous le choc, il a raconté les faits sans en rajouter, sobrement, sans charger ses agresseurs, que je suis fière de lui encore à l’instant, parce que bien que révolté de cette décision, il reste poli et correct comme je le lui ai appris.
L’enfant qui n’a pas réussi à porter de coups, n’a rien, pas de rappel à la loi, pas de leçon de morale. Son père a pu sortir tout fiérot.
L’enfant qui a blessé Barbidul a un « rappel à la loi » mais n’est pas poursuivi. Paraît que Barbidul ne doit pas penser qu’il a la même sanction que son agresseur, « son père va se charger de la punition et il y a une différence, on risque de le revoir ici alors que toi tu as toutes les chances de ne plus mettre les pieds dans un commissariat » Serait-ce une histoire de couleur de peau ? Je suis effarée d’entendre ça ! Je suis fière une fois de plus de la réaction de Barbidul qui dit que ça ne le console pas de savoir qu’il va avoir affaire à son père, ce n’est pas ce qu’il voulait. Il s’inquiète pour lui maintenant.
L’enfant qui a frappé Barbidul derrière la tête va passer devant le juge parce qu’il a menti.
Barbidul ne veut plus avoir affaire à la justice et moi je rumine. Mon fils a une inscription, certes provisoire, mais inscription quand même, à son casier.
Quelqu’un a un punching ball à me prêter ?
20 mai 2008
Lucia di Lammermoor
Je voulais raconter Cabourg, les souvenirs les plus beaux sans Boulet, et puis voilà maintenant deux fois que je perds tout et comme je suis loin d’être patiente ben on verra plus tard peut-être. Enfin, je la referai sûrement, j’aime bien les photos de mes barbas :)
Non, ce soir, je vous emmène à l’opéra. Je voudrais vous parler de mon opéra préféré « Lucia di Lammermoor » de Donizetti. Ca n’a pas toujours été mon opéra préféré, forcément, avant je ne le connaissais pas, très classiquement, j’aimais Verdi et notamment la toujours très belle « Traviata ».
« Lucia di Lammermoor » je l’ai découvert durant les études de chant de ma Barbalala et je vous garantis qu’avec elle, je crois que j’ai écouté, avec un plaisir chaque fois renouvelé, toutes les versions existantes en DVD. J’ai eu la chance d’assister à la représentation donnée à l’opéra Bastille en 2006 avec Natalie Dessay, c’était tout simplement extraordinaire. Cette femme ne se contente pas d’avoir un talent exceptionnel, elle joue, elle vit, elle donne avec une générosité à vous couper le souffle. Je pensais avoir assisté là, au meilleur de ce que peut donner l’opéra (même si l’opéra Bastille est loin de posséder l’acoustique à la mesure de son talent, faut le dire ça quand même que c’est bien dommage pour une salle d’opéra de ne pas savoir rendre la richesse et la virtuosité d’une voix ! Zut alors ! Y a des salles de quartiers qui font mieux, enfin moi ce que j’en dis, j’y connais rien, je sais juste si je vibre avec ou pas, alors oui, j’ai vibré avec Natalie Dessay, mais c’est juste parce que c’est elle, et qu’elle a une telle maîtrise de sa voix que ce n’est pas une salle mal sonorisée qui va l’arrêter, m’enfin, j’ose juste imaginer ce que ça donnerait dans une salle digne de ce nom, fin de la très longue parenthèse.) Barbalala me rend chèvre à me raconter comment c’était trop beau, trop magnifique au théâtre des Champs Elysées, pffff je peux pas tout dépenser mon argent de poche pour l’opéra moi eh oh !
Bref, j’en étais là, pensant avoir vu l’ultime interprétation de « Lucia di Lammermoor », l’inoubliable, la définitive… Et voilà que ce soir, ma barbalala tout sourires, alors que je m’apprête à regarder « Les Experts » débarque avec un dvd posé tout contre son cœur et un air engageant, genre « tu veux bien regarder avec moi ? » J’accepte volontiers, d’une part parce que je sais que ça lui fait plaisir, que ça va être un moment de partage comme j’aime et d’autre part, parce que ce soir les experts me tentent moyennement (pardon Horatio, mais oui je t’aime toujours ;) on se retrouve mardi prochain, ce soir j’écoute une nouvelle version de Lucia.)
Lucie insère le dvd, je ne suis pas concentrée, pas attentive, plein de choses en tête… Pourtant, il ne me faut pas 2 minutes pour être emportée. Je me suis mise à frissonner, à trembler même (merci aussi gentil vendeur de Darty pour m’avoir si bien conseillé pour le choix de ma nouvelle chaîne hifi) Le bonheur d’aimer, la trahison, l’amour poussé jusqu’à la folie, la solitude, l’inquiétude, la compassion, il me semble tout à coup en saisir l’exacte couleur. C’est grand, c’est Natalie Dessay, au faîte de son art, entourée de chanteurs qui ne sont pas là pour meubler, pour servir de faire-valoir. Non, ils sont tous très justes, rien n’est surjoué, c’est poignant, saisissant.
A un moment, l’instant où elle se met à tourner, emportée par sa folie, et que le temps paraît suspendu, une vague a parcouru mon corps tout entier, à vous consoler de dormir seule je vous dis que ça ! Elle ne joue plus, elle perd la raison, elle est seule, elle n’est pas une célèbre cantatrice qui pourrait en profiter pour démontrer une fois de plus ses formidables capacités vocales, non elle est bien plus que ça, elle est Lucia, qui, trahie par son frère, a perdu l’amour de sa vie, aucun mot ne pourrait rendre comment elle interprète ce rôle, c’est tout simplement incroyable !
Alors vous voyez, je donne rarement des conseils, mais si vous aimez un peu l’opéra ou si vous souhaitez découvrir, je vous conseille le dernier cd de Natalie Dessay « airs d’opéras italiens » celui en édition limitée avec le dvd bonus « la scène de la folie de Lucia di Lammermoor » enregistré au Metropolitan Opera. Vous ne regretterez pas, j’en suis sûre, une si belle occasion de saisir la magie de l’opéra. Et tiens, vous frissonnerez encore en entendant les applaudissements de la fin. Je crois n’en avoir jamais entendu de pareils, c’est une vague d’enthousiasme trop longtemps retenu qui déferle, moi j’en ai eu les larmes aux yeux, je vous dis pas si ma Barbalala a pleuré, j’ai pas le droit ;)
Mettez le son fort, les voisins ne vous en voudront pas !
Ah oui, pour les âmes sensibles, s’il y a du sang partout, c’est qu’elle a tué, lors de la nuit de noce, le mari que son frère l’a obligé d’épouser. On est fidèle ou on ne l’est pas !
Cliquer ici pour l'écouter, deuxième air ici, troisième là
13 mai 2008
Le boulet
Avertissement :
Ceci est une note méchante comme je fais rarement, mais je me l’autorise pour me débarrasser de ma colère d’une part et parce que c’est moi aussi quand les autres se permettent de me gâcher la vie et n’entendent pas les signaux que je leur envoie lorsqu’ils vont trop loin.
Il y a des amis, ça fait tellement longtemps que vous les connaissez, ils font un peu partie de la famille, ont été là pour les mariages, la naissance de tous vos enfants, parfois vous ne savez plus vraiment pourquoi vous êtes amis, tellement vous n’avez plus grand-chose à leur dire, mais c’est comme ça, ils sont là, vous les voyez de loin en loin.
F et C c’est comme ça, au départ les amis de mon premier mari, j’avais 17 ans lorsque je les ai rencontré, c’est dire comme ça remonte. Après le divorce, lui a pris ses distances, ils en étaient tristes, j’ai continué de les voir, je dois le dire avec de moins en moins de plaisir, F étant doté d’un caractère égocentrique déplaisant au possible, autoritaire avec sa famille, voire maltraitant. Nan pas voire. La pauvre en bave, il ne la bat pas mais ne la respecte pas. Elle travaille mais ne peut dépenser le moindre sou sans son accord. Je ne me suis jamais mêlée de ça, elle a sa part de responsabilité aussi à le laisser tout contrôler.
Dernièrement F a eu quelques soucis de santé. Si je me suis inquiétée pour lui, je me suis surtout inquiétée pour sa femme, l’avoir à la maison en permanence, ne doit pas être une partie de plaisir pour elle. Mais égoïstement, je me suis aussi réjouie qu’il soit bloqué chez lui, il m’agace de plus en plus.
Voilà que jeudi dernier il m’appelle. Ca n’a pas l’air d’aller. Il me répond d’un ton qui laisse pressentir une très mauvaise nouvelle. Ah non, juste il s’emmerde, il veut passer me voir ce week-end, n’en peut plus d’être enfermé. Je lui réponds que non, ce week-end je ne suis pas là, j’emmène les enfants au bord de la mer. Quelle idée j’ai eu !
Il me répond aussitôt « on vient » Moi, franchement, je me mords déjà la langue de lui avoir dit que je partais, en plus F en vacances, j’ai déjà pratiqué et ça ne fait pas partie de mes meilleurs souvenirs loin de là. J’essaie de le dissuader, mais rien n’y fait. Bon après tout, ils feront ce qu’ils veulent, je ferais de même de mon côté et voilà.
Non pas voilà. F et C débarquent l’après-midi même. Finalement, lui seul vient. « Comment ça il vient seul ??? » Clairement, elle est trop heureuse de se débarrasser de son mec pour le week-end. Ca lui fera des vacances. Sympa, mais et les miennes de vacances ? Zut alors !
Pourquoi je devrais récupérer le boulet moi hein ?
Je passe l’après-midi à tenter de le décourager
- « Y a plus d’hôtel »
- « M’en fous je dormirai sur la plage »
- « Ton opération est trop récente, c’est risqué, et pas question que je fasse l’infirmière ou que je t’entende gémir »
- -« non, non, tu verras, je pète la forme »
- « Oui mais moi, ce n’est pas ce que j’avais prévu, je veux vivre ce week-end à mon rythme, sans avoir à tenir compte des envies de quelqu’un d’autre »
- « Pas de problème, tu fais ce que tu as prévu, je ne dérangerai pas »
Oui ben moi je connais l’engin, quand je dis boulet, c’est juste qu’aucun mot plus fort ne me vient là sur le moment.
Je le préviens que je voyage en première et que je ne me déclasserai pas pour lui tenir compagnie. « Pas de souci, je voyagerai en seconde, on se retrouvera là-bas »
Piteuse, je dis aux enfants pas très heureux de sa présence, que je n’ai réussi à préserver que le trajet.
Je propose de prendre les billets (oui, je suis con). Barbalala lui trouve une chambre (la pauvre voulait lui prouver qu’il n’y avait plus de place, pas de bol, il y a.
Je passe sur les harcèlements du vendredi
- « t’as pris les places ?
- « C’est combien la différence entre la première et la seconde ? »
- « t’as pris les places ? »
- « T’es sûre qu’il y a une gare là-bas, j’ai pas trouvé sur Internet. »
- « Alors les places ? »
- « Stooooooooooop ! Tu attends que je te rappelle ! »
- « Oui mais si c’est pas trop cher, tu me prends en première ? »
- « C’est quoi pour toi pas trop cher ? »
- « Ben si c’est 1,50 € de plus ça va »
- « Ok, donc tu voyages en seconde ! »
Il demande à passer la nuit chez moi la veille pour être prêt. Je refuse net. Faut pas pousser, on se retrouve à la gare. »
Excité, il commence à me dire « je te préviens, on en profite un max, on part tôt, à 5h du mat tout le monde debout !» Je lui réponds que ses ordres il se les garde, que je prends les billets à l’heure qui me convient MOI et que s’il est pas content, je l’envoie à Saint Malo »
Nous voilà sur le quai de la gare. Evidemment il n’a pas assez pour me rembourser. F a un autre défaut, il est radin comme pas deux. Il me tend ce qu’il a sans même s’excuser de ne pas tout me rembourser. Je lui signale son « oubli » il ne croit quand même pas que je vais l’entretenir en plus ? Il promet de retirer de l’argent à l’arrivée. En fait il ne m’a remboursé qu’au retour après une dizaine de réflexions de ma Barbalala qui avait mis un point d’honneur à l’obliger à rembourser.
Il râle un peu d’être en seconde. Qu’est ce qu’il croyait, que j’allais lui payer la différence pour le plaisir de sa compagnie ? Ah non, alors, trop contente d’être débarrassée de lui.
Nous le retrouvons à Deauville. Il drague une minette. Celle-ci lui parle de sa femme. Il fait un geste désinvolte « Je m’en fous de ma femme, bon débarras ! » Je ne peux m’empêcher de lui dire « Oh, tu vas donc apprendre à ouvrir une boîte de conserve ? » Il me sort qu’il sait cuisiner, je m’esclaffe, même pas il met la table chez lui, c’est simple, il ne fout rien de ses dix doigts. La seule chose qu’il sache faire, c’est donner des ordres.
Tiens, il ne sait pas lire un plan non plus, nous avons du l’accompagner à son hôtel.
Nous nous promenons en ville avant de rejoindre la plage. Il commence à me demander de protéger sa cicatrice avec une compresse. Euh j’avais pas dit que je ne faisais pas l’infirmière ? Je lui colle son truc dans le dos d’une bourrade plus que d’une caresse, il voudrait que j’en mette une plus bas, ben tiens en haut des fesses et puis quoi encore ? Non, ça va, ça ira comme ça.
Nous nous crémons (enfin lui se démerde hein, je parle de moi et des enfants) et profitons du soleil. Enfin nous essayons, on n’entend que lui, il me montre du doigt les mecs sur la plage. Tu voulais pas draguer ? Tiens appelle les ? « Eh vous là-bas… »
- « Non mais ça va pas ? Tu te calmes maintenant ! »
Je me plonge dans un bouquin. Dépité il sort son téléphone portable pour prévenir famille et amis qu’il est à Cabourg. « C n’a pas voulu venir alors tant pis pour elle, je suis partie avec Claudine. Oui oui, avec Claudine, t’en reviens pas hein ?
Euh qu’est ce qu’il me fait là ? Je le fusille du regard, il se reprend. Oui bon, elle est avec ses enfants hein !
Je reprends ma lecture. « Les épouvanteurs » il lit le titre « ah mais tu vas faire des cauchemars, si tu veux j’ai de la place dans ma chambre d’hôtel. »
« Alors là même pas en rêve, oublie et laisse moi lire ! »
« Dépité, il me fiche la paix pour se tourner vers les enfants « bon alors les mômes, vous draguez pas vous ? Vous voulez des conseils ? Tiens demandez à votre mère c’est une experte ! » Pas fous, ils filent se baigner, le laissant à ses divagations. Je commence à être plus qu’agacée.
Lorsque nous quittons la plage, il essaie encore de me demander de lui retirer le sable qu’il a dans le dos. Je lui reponds « non, je ne touche pas le mec des copines moi, tu te démerdes ! ». Tain elle craint rien sa femme. Même pas sur une île déserte je poserais la main sur ce mec ! Du coup il demande « et Barbalala ?» En chœur, nous répondons « Encore moins ! »
Bon je ne vous fais pas la liste de toutes les énormités qu’il nous a sorties, un boulet je vous dis, Franck Dubosc à côté, c’est de la rigolade.
Le repas au resto a été une calamité. Il est arrivé en ayant déjà bu. Je lui ai déconseillé de prendre un apéritif -il prend des neuroleptiques - il n’a rien écouté. Je l’ai prévenu qu’en cas de problème il pouvait s’attendre de ma part à une baffe pour lui remettre la tête à l’endroit mais sûrement pas à de la compréhension. Il a tenté d’apprendre à mes enfants comment truander les restos et les cafés, a voulu salir la mémoire de ma Christiane adorée, a manqué de respect à sa femme, et a été odieux avec le serveur. J’ai passé le repas à le remettre à sa place méchamment et à sortir fumer. Au moins huit fois je suis sortie. Nos voisins de table se sont bien marrés, nous beaucoup moins. Après le repas, nous avons prétexté un coup de fatigue pour le laisser et sommes partis nous promener. Le con est allé se finir au bar du casino, s’est endormi là-bas.
Le lendemain, j’ai éteint mon portable et commencé largement la journée sans lui.
Les amis, c‘est peut-être comme un vieux couple aussi. Parfois, vaut mieux laisser nos chemins se séparer. L’aura plus l’occasion de m’imposer sa présence celui là !
Demain, je vous raconte notre week-end tout beau, tel qu'on l'a aussi vécu parce qu'on est doués aussi pour zapper les parasites.
10 mai 2008
Désuète Barbasucre ?
Ce matin, alors que péniblement, je tente d’émerger du brouillard épais dans lequel je reste engourdie malgré un premier café, ma Barbalala allume la télévision. Moi le matin la télé, je n’aime pas, m’enfin je suis trop cotonneuse pour protester. Je m’installe près d’elle avec mon café, devant un… dessin animé. Je remarque tout d’abord la piètre qualité des dessins, mais je laisse mon esprit accompagner l’histoire de ces enfants accompagnés d’un chien. Il y a comme un goût de familier, pourtant je ne connais pas cette série.
Lorsque l’un des protagonistes appelle le chien « Dagobert ! » ma Barbalala s’anime « c’est le club des cinq tu crois ? »
Ah, ça expliquerait cette impression de familier, j’ai dévoré ces livres étant petite. Oui mais, ça ne peut pas être ça. L’héroïne « garçon manqué » de la série c’était Claudine, même qu’elle refusait de répondre à son prénom, tant elle aurait aimé être un garçon. Vous allez vous dire « Ah tu as du t’identifier à elle alors » et bien non, j’aimais juste qu’une fille intrépide porte mon prénom, j’étais un peu garçon manqué en primaire, mais n’avait rien de son goût de l’aventure, et si je préférais juste jouer avec les garçons, je me sentais fille. J’en connais qui ne vont pas manquer de sortir « tiens donc ! » alors je rappelle que c’était en primaire, et que de mon temps (ah ce que je fais vieille là tout à coup) nous ne pensions pas à autre chose qu’à jouer, et que même si un garçon pouvait occuper nos pensées un peu plus que les autres, ça restait de l’ordre du platonique le plus pur et que l’un d’eux, en cm2, s’est pris une gifle magistrale au cinéma, pour l’avoir oublié et tenté de m’embrasser. Nonméo !
Je réponds donc à ma Barbalala chérie que non, ça ne peut pas être le club des cinq, il n’y a ni Claude, ni Claudine dans l’histoire. Et là, elle rit, et m’explique « mais enfin maman, c’est normal, ils ont changé les prénoms. Tu n’imagines tout de même pas qu’ils laisseraient une fille s’appeler Claudine ? A la rigueur, ils auraient pu laisser François et Mick, mais pas Annie ou Claudine. »
- « Ben quoi ? C’est joli Claudine !
- « Oui, mais enfin ça va à quarante ans, t’as vu je suis gentille je te rajeunis, t’as un peu plus en fait… »
Voilà, j’ai fini mon café, je suis réveillée et je me sens maintenant racornie comme une vieille pomme délaissée. Pfff ! Les dessins animés c’est plus de mon âge !
Un petit tour sur internet me confirme que pour cette série inspirée des aventures de la regrettée Enid Blyton, responsable de mes premiers émois littéraires, un grand coup de jeune a été décidé, notamment en changeant les prénoms des héros de l’histoire.
M’en fous, il n’est même pas de qualité ce dessin animé ! Et puis on éteint la télévision et on met de la musique. Ah mais !
07 mai 2008
Quand l'amour n'est plus là
Il y a un an de ça, peut-être plus, il me quittait. Pas d’anniversaire à fêter ou à regretter, il n’y a rien eu de dit, rien d’écrit, juste l’absence et la distance et moi toute seule pour comprendre et pour en parler plus tard, bien plus tard…
Je n’ai jamais rien écrit ici. La douleur, les interrogations, la peine immense de ne plus le voir, puis de le voir autrement, je me les suis gardées bien au chaud pour moi toute seule et quelques amies compatissantes. Et même ces amies, je ne pense pas les avoir trop bassinées avec mes états d’âme. Bon peut-être un peu au début, et puis à certains moments un peu difficiles, mais je crois que je peux dire que j’ai été raisonnable. Avec lui aussi je crois. J’ai exprimé mes sentiments, mais je ne l’ai pas harcelé, l’amour ça ne commande pas, ça ne s’exige pas, c’est ce que je crois, et je ne fais pas aux autres ce que je détesterais qu’on me fasse. Les grandes scènes, c’est pas trop mon truc, la violence de mes sentiments, je ne la partage avec personne.
Voilà, raisonnable, c’est ça… J’ai été raisonnable.
Qu’est ce qu’elle nous fait la Calu raisonnable là ? Ca fait plus d’un an, elle ne peut pas passer à autre chose ?
Ca fait un an, et non, elle n’est pas passé à autre chose. Elle s’est fait une raison, elle n’espère plus qu’il revienne, même plus elle rêve. Elle se dit même que s’il revenait, elle dirait non la Calu. Mais ça en vrai, elle ne sait pas, c’est comme dans la chanson de Lynda Lemay :
Et si, si c'était vrai c'qu'y disent à propos de moi ?
Que j'suis pas remise de mon mauvais état
Qu'si tu revenais je t'ouvrirais les bras
Et si, si c'était vrai c'qu'y disent dans mon dos ?
Que j'me déguise en bonheur un peu gros
Mais qu'au fond j'ai le coeur comme un tombeau.
Et si, si c'était vrai c'qu'y disent un peu partout ?
Qu'j'ai pas pris l'temps de repriser mes trous
Qu'j'vais prendre froid au premier rendez-vous
J'peux pas savoir
Puisque t'es pas revenu me voir
Comment veux-tu qu'je sache ?
C'que mon vieux coeur me cache ?
Et si, si c'était vrai, c'qu'y disent à mon sujet ?
Que j'suis pas aussi forte que j'parais
Que j'tremble comme une porte sans loquet
Et si, si c'était vrai qu'j'ai l'âme comme un chiffon ?
Qui a tant essuyé d'humiliations
Qu'elle se déchire à la moindre torsion
Et si, et si elles étaient vraies toutes ces rumeurs ?
Que j'te reprendrais si tu revenais en pleurs
Que j'succomberais au premier bouquet de fleurs
J'peux pas savoir
Puisque t'es pas revenu me voir
Comment veux-tu qu'je sache
C'que mon vieux coeur me cache ?
J'peux pas savoir
Puisque t'es pas revenu me voir
Comment veux-tu qu'je sache
C'que mon vieux coeur me cache ?
.
En fait, ma tête sait, mon cœur ne sait pas. L’a jamais tellement bien su ce qui était bon pour lui çuilà.
Je n’écris pas ce texte comme un appel pour qu’il revienne, ma tête n’est pas d’accord. J’ai juste envie là maintenant, d’exprimer les sentiments qui m’habitent après avoir passé la nuit à repenser à tout ça.
Je me rends compte que non, je ne suis pas prête à passer à autre chose. Si les sourires, les regards des hommes me font plaisir, ils ne me donnent pas envie. Je passe sans m’arrêter, le moral un peu regonflé mais le cœur vide. Les hommes qui pourraient me plaire, je les évite soigneusement. Et je réalise que peut-être, ne pas savoir quelle serait ma réaction s’il revenait, est un frein. Comment commencer une autre histoire, sans être sûre de ça ? Comment aimer quelqu'un d'autre alors que mes sentiments pour lui n'ont pas changé, que le voir, l'entendre me fait toujours autant battre le coeur ?
Alors ici, je dis, je pense et je déclare que d’une il ne reviendra pas, et de deux, il n’est pas l’homme qu’il me faut et que dans l’hypothèse hautement improbable où il revienne, je dirais non. Pas même pour un soir, ne surtout pas se souvenir de ses mains sur moi et arrêter de me faire croire encore que la tendresse et la force de ses caresses était de l’amour. Ca n’en était pas, si ça avait été de l’amour, je le saurais et aujourd’hui ma tête et mon cœur seraient en accord.
Voilà, je ne suis pas prête encore à passer à autre chose, j’en suis consciente. Mais aujourd’hui je me l’autorise. Parce qu’il me semble que continuer à l’aimer sans retour serait d’une certaine façon, me complaire dans la souffrance et donc ne pas me respecter.
05 mai 2008
No rose in z...
- « Ah non, pas ça ! »
- « Quoi, c’est bien ce que tu voulais non ? »
- « Oui, mais pas celles là. Ca fait trop gadget, pas sérieux… Et puis c’est rose ! »
- « Mais tu adores le rose ! »
- « Pas pour ça, ça casserait l’ambiance »
- « Les rouges alors, tiens il y en a même en bleu »
- « Ben non, ni roses, ni rouges, ni bleues, ni rien. Sont juste ridicules, moi je veux des vraies, enfin, des qui ressemblent à des vraies, sinon j’y crois pas et si j’y crois pas, je joue pas na ! »
- « Pffff tu veux jouer à la dure mais tu te comportes comme une gamine. Ca te va bien le rose moi je dis ! »
- « Justement… Si on fait dans le rose, le doux, la guimauve, ça me ressemble, et si ça me ressemble, c’est plus un jeu. »
- …
- « Quoi ? »
- « T’es chiante toi hein ! »
- « T’es en colère ? »
- « Non, je suis pas en colère, mais t’es chiante… »
- « Ah dommage, un peu de colère, c’était bien aussi pour l’ambiance… »
- « Tu voudrais que je sois en colère ??? »
- « Hum non pas vraiment… c’est comme pour les gadgets, je veux que ça ressemble à des vrais. Non, pas en colère, mais un peu rude, pas trop gentil tu vois… »
- « T’es folle toi ! »
- « Et chiante aussi non ? »
- « Tu vas voir si tu me cherches ! »
- « Ah ben voilà… »
Elle lui fait un de ses plus jolis sourires, celui qu’elle a quand elle obtient ce qu’elle veut, c’est vrai qu’elle est un peu gamine, puis se tourne vers le vendeur.
- « Les menottes là, vous avez les mêmes sans la fourrure ? »